Bien’ici Pro / Actus Pro / Marché immobilier 2025 : Bien'ici constate une France à deux vitesses
Après une année 2024 marquée par l'attentisme, 2025 signe le retour des acquéreurs. Avec plus de 945 000 transactions (+12 % sur les 1é derniers lois), le marché sort de la tête de l'eau. Ce renouveau est porté par une demande en hausse de 11 %, particulièrement dynamique pour les appartements (+18 %).
Les vendeurs ont enfin intégré le nouveau paradigme économique, acceptant une correction des prix de 0,2 % an niveau national. Ce réalisme budgétaire se traduit directement dans les indicateurs du portail Bien'ici : la durée moyenne de diffusion des annonces a chuté de 10 jours pour s'établir à 80 jours.
A l'inverse, le marché locatif traverse une zone de turbulences inédite. L'offre de biens à louer a chuté de 10 % en un an, tandis que la demande a progressé de 50 % depuis 2021. Cette pénurie crée une tension extrême : nous constatons des situations critiques avec parfois plus de 1 000 contacts pour une seule annonce dans les grandes métropoles.
Le blocage de l'accession à la propriété ces derniers mois a figé le parc : les locataires ne pouvant devenir propriétaires ne libèrent plus leur logement, empêchant la rotation nécessaire aux étudiants et jeunes actifs.
Le secteur du neuf reste fragile malgré une hausse surprenante de la demande de 13 %. Si les Français plébiscitent les performances énergétiques du neuf, l'écart entre les coûts de construction et le budget des ménages freine la concrétisation des projets.
Un espoir émerge toutefois du côté de la rénovation. La réforme du calcul du DPE entrée en vigueur début 2026 permet à environ 700 000 logements (principalement des petites surfaces) de sortir du statut de passoire thermique sans travaux, réintégrant ainsi mécaniquement le circuit légal de la location.
La réactivation du segment de la vente est le moteur indispensable pour débloquer l'ensemble du parcours résidentiel. Si les prix continuent de s'ajuster, la fluidité pourrait enfin gagner le marché locatif.
Pour les professionnels, l'enjeu de 2026 sera d'accompagner ce "réalisme budgétaire" des vendeurs pour maintenir la cadence des transactions, tout en gérant une demande locative qui reste, pour l'heure, largement insatisfaite.