Bien’ici Pro / Actus Pro / La météo de l’immo : éclaircie sur le marché de la transaction
Commençons par une bonne nouvelle : le mois de janvier 2026est marqué par un record sur le site bienici.com avec 20,7 millions de visites. C’est un signe que les Français sont toujours intéressés par le logement et qu’ils sont prêts à relancer leurs projets : un logement à proximité de leur lieu de travail ou pour offrir une chambre à chaque membre de la famille.
Sur le marché de la transaction dans l’immobilier ancien, les délais de publication des annonces – donc des délais de vente – se réduit. Sur Bien’ici, nous constatons une augmentation du nombre d’annonces de biens à vendre de 2,5 % avec beaucoup de maisons en ruralité et une offre réduite en agglomération, là où se trouve la demande.
Pour la location, nous observons 7 % d’offre supplémentaire entre janvier et février 2026. C’est un point positif à relativiser car les stocks de logements à louer restent bas (aux alentours de 40 % quand ils étaient à 100 % il y a 3-4 ans). Il sera plus intéressant de dresser un vrai constat lors du redémarrage saisonnier au printemps et à l’été.
En effet, le marché transactionnel retrouve son équilibre entre offre et demande comme avant la crise sanitaire tandis que la tension locative reste impressionnante : ces deux dernières années, l’offre de location a été divisée par deux alors que la demande a été multipliée par deux. La situation s’est améliorée en 2025 grâce à l’envie retrouvée des acheteurs et des vendeurs qui ont ajusté leurs prix de vente aux budgets des acquéreurs. Une partie d’entre eux pourront sans doute libérer le parc locatif. Notamment car sur le court terme, les taux d’emprunt sont à peu près stabilisés autour des 3,2 – 3,3 % en ce début d’année. Si l’activité économique se maintient d’ici le printemps, il n’y a pas de raison que les taux directeurs évoluent brutalement.
Les investisseurs se font plus rares sur Bien’ici, à en juger par notre mesure de l’intérêt pour les logements neufs. Selon les chiffres de la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI) en 2025, moins de 10 000 logements neufs ont été réservés pour l’investissement locatif. Il en faudrait à minima cinq fois plus pour maintenir le marché.
La loi Jeanbrun est un véritable enjeu pour la filière. Ces dernières années, les contraintes de location liées au DPE et une rentabilité plus intéressante pour la location saisonnière a contribué à la réduction du parc locatif dans l’ancien. Les logements destinés aux jeunes salariés, aux étudiants et aux nouveaux arrivants dans une ville ont également disparu du marché, les propriétaires préférant vendre que continuer à louer. Ces mêmes biens ne sont plus gérés par des investisseurs mais par des ménages aux revenus limités qui choisissent l’emplacement au détriment de la surface habitable dont ils ont réellement besoin.
L’application du dispositif Jeanbrun sur l’ensemble du territoire national devrait permettre d’investir de nouveaux quartiers dotés d’infrastructures qui attireront des candidats à la location.
Le printemps sera la saison clé pour tous les marchés immobiliers : résultats des élections municipales, développement des métropoles où est la demande – par exemple à Toulouse avec l’installation d’Airbus et l’extension du métro -, vivre à proximité de son lieu de travail, de l’école des enfants et des centres d’intérêt.
Découvrez le replay de l’émission et l’intervention spéciale de Nadia Bouyer, directrice générale d’Action Logement.
Thématiques abordées : rôle des maires, Garantie Visale, 1% patronal, bilan 2025 Action Logement